jeudi 27 juin 2013

Francophonie : la France qui se tire une balle dans le pied

On lit peu de critique de la politique étrangère du Président Hollande, aussi bien dans la presse que sur les blogs, degôche notamment. Certainement est-ce dû au respect tout monarchique de ce qui était, sous De Gaulle, Giscard d'Estaing, Mitterrand et Chirac le "domaine réservé". 
Il y aurait pourtant de quoi dire, si on se souvient que toutes les initiatives diplomatiques du prédécesseur de Hollande avaient été fortement contesté par l'actuelle majorité. 

Mais au delà de la préférence pour la réception à l'Elysée de dictateurs africains, des voyages à bord de Air Sarko One en direction des pays du Golfe, du maintien des principaux acquis Sarkozystes (Francafrique, base militaire permanente aux Emirats Arabes Unis, mépris des petits pays Européens), s'il y a bien un élément qui est surprenant, c'est bien l'absence de vraie politique de Commonwealth de la Francophonie.

Certes, il y a une ministre en charge du sujet. Elle s'appelle Yamina Benguigui. Mais, pour paraphraser une petite phrase politique désormais célèbre, qui connait Yamina Benguigui ? Et puis surtout, au delà des problèmes de casting, quelle est la vision stratégique du gouvernement sur la nature des liens qui devraient unir la France à ses anciennes colonies et protectorats, à part leur faire la guerre de temps en temps ? 

Le Royaume-Uni est, au sortir de la guerre, devenu un petit pays, comme la France. Mais qu'est ce qui fait qu'Elisabeth II demeure un souverain d'un grand ensemble alors que, manifestement, le Président Hollande ne semble pas occuper la même place symbolique au sein de la Francophonie ?



Au delà des personnages représentatifs tels que la Reine d'Angleterre ou le Président de la république française, il y a aussi, disons le clairement, la réalité de tout un pays et de son administration, qui font tout pour que la France soit bien détestée la où elle devrait être le pays préféré.

Avez-vous lu le témoignage de Bousso Dramé, lauréate du concours d'orthographe organisé par l'Institut français de Dakar,  diplomée de Diplômée de Sciences Po Paris, Master en Affaires Internationales, et de la  London School of Economics, MSc in International Political Economy, nominée “Global Shaper” par le Forum Economique Mondial ? Elle s'exprime dans Jeune Afrique (lire Sénégal : elle refuse un visa pour la France plutôt que d'être "traitée comme une moins que rien").
Voila une jeune femme a priori plutôt intelligente, formée en partie en France, et que le consulat de France à Dakar a confondu avec une immigrante illégale potentielle. Oups. Accident ? Non, pas vraiment. Les forums Internet regorgent de ce genre de témoignages. Mais surtout, c'est bien parce que les diplomates français en Afrique ont trop souvent à croire qu'ils sont l'avant garde d'une guerre anti-invasion que ce genre de choses arrivent.
Pourquoi la France ultra socialiste et ultra étatiste s'évertue t-elle à ériger des murs de Berlin bien réels au lieu, de, au contraire, faciliter la venue des habitants de la francophonie, afin de profiter de leur volonté de se développer ? Au lieu de s'attaquer au problème (les allocations diverses et variées en France, et la volonté de l'Etat de s'occuper de tout), on traite une des conséquences (l'immigration) et ce faisant, on se prive du dynamisme des élites des pays émergents francophones.

Il n'y a pas que la cécité vis-à-vis des pays francophones africains qui soit un problème. Il y a aussi notre diplomatie vis-à-vis des pays riches francophones qui peut faire l'objet d'interrogations. Où sont les relations privilégiées de Hollande avec Albert II de Belgique, Henri de Luxembourg, Ueli Maurer (Suisse) ou Jacques Chagnon (Quebec) ? Pourquoi stigmatiser la Suisse, le Luxembourg et la Belgique, au lieu de mettre en avant leur système démocratique, leur économie de marché et leur excellent classement au niveau de la transparence ou du développement humain ?

Tout faire pour que la francophonie soit coupée de la France, ce n'est pas juste se tirer une balle dans le pied, c'est aussi tout faire pour laisser croire aux français que le système socialiste, mort vivant, est encore viable. 

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